Bonnes excuses pour s’absenter du travail : celles qui marchent, celles qui coincent (et ce que ça dit de nous)

 Vous pensez connaître toutes les excuses pour sécher le bureau ? Détrompez-vous : certaines font sourire, d’autres trahissent ce que vous ne vous autorisez jamais à dire…

À un moment donné, on a tous eu envie de sécher le bureau. Mais dire texto “Je n’ai pas envie de venir ” : impensable. Alors on improvise une excuse pour s’absenter du travail : une gastro éclair, une migraine en Dolby Surround, ou son enfant subitement fiévreux façon thermomètre de compétition. C’est là que commence l’art de la “bonne excuse” : un savant mélange de timing, d’imagination… et de justesse, pour que personne ne doute. Derrière chaque alibi se cache un peu de notre rapport au travail, à la fatigue… et à nos patrons.

Les excuses qui fonctionnent (et qu’on réutilise sans modération)

Selon une étude relayée par Nouvelle Vie Pro, les maladies saisonnières — rhume, gastro, grippe — mobilisent 70 % des arrêts courts en France. Coïncidence ? Pas vraiment. Ces petites merveilles sont à la fois crédibles, indétectables, et surtout : invérifiables en temps réel. Personne ne viendra ausculter votre intestin grognon ou mesurer l’intensité de votre migraine un lundi matin.

D’ailleurs, avouons-le : le mal de dos, l’intoxication alimentaire et la gastro fulgurante forment le trio gagnant de l’absentéisme stratégique. Impossible à contester, facile à mimer, et bonus : ça suscite la compassion instantanée. « Une migraine carabinée » ? Tout le monde hoche la tête, compatit, et personne n’insiste.

Et puis il y a les autres : du ridicule au grandiose

Viennent ensuite les excuses non médicales : enfant malade, problème de garde, inondation, panne de voiture… celles-ci passent souvent crème. Après tout, ce sont des choses qui peuvent vraiment arriver.
Mais certains poussent le bouchon un peu trop loin et des managers ont déjà reporté des perles telles que :

  • « Je me suis retrouvé(e) dans un avion par accident… »
  • « Mon orteil est coincé dans le robinet de la baignoire… »
  • « Impossible de sortir : un ours campe devant ma porte »

Et si vous pensez avoir tout entendu, accrochez-vous : le florilège continue. Vous retrouverez ces excuses et bien d’autres, tout aussi véridiques, en cliquant sur ce lien, compilé par BioPanel Systems, société britannique spécialisée dans les études RH et le bien-être au travail.

Côté employeurs, la vigilance est réelle

Comme le démontre l’enquête 2017 de CareerBuilder, les employeurs ne se laissent pas berner si facilement quand il s’agit des excuses pour s’absenter du travail.

  • 33 % vérifient si un arrêt maladie est vrai,
  • 68 % exigent un certificat médical,
  • 43 % appellent directement l’employé et
  • 18 % se déplacent pour s’assurer qu’il est bien malade.
  • 34 % des employeurs ont déjà débusqué un mensonge grâce à des publications compromettantes sur les réseaux sociaux.

Les conséquences peuvent être sévères : 22 % des employeurs ont déjà licencié un salarié pour un faux jour de maladie. Mais derrière cette vigilance se cache un paradoxe : les managers détectent souvent le mensonge, mais ignorent les véritables raisons qui poussent un employé à s’absenter.

Le grand malentendu : on ment, mais pourquoi au juste ?

Selon l’enquête ACCA Global, 30 % des salariés ont déjà manqué le travail simplement parce qu’ils n’avaient pas envie d’y aller, 29 % pour se détendre et 19 % pour rattraper du sommeil. Oui, parfois, la couette gagne. Et soyons francs : un lundi pluvieux de janvier, qui n’a jamais eu cette tentation ? Mais appelez ça « flemme » si vous voulez — moi, j’y vois surtout des signaux d’alarme :

  • Le boulot ne convient plus : Si sortir du lit devient un calvaire, peut-être que le poste ou l’entreprise ne sont plus faits pour vous. Rester en subissant, c’est se pourrir la vie… et celle des autres. Il peut être temps de réfléchir à un changement de métier
  • Un souci personnel non visible: Fatigue chronique, stress familial larvé, anxiété qui monte… Ces « petits » signes sont rarement anodins. Ils annoncent souvent un burn-out en gestation, une dépression qui s’installe ou des tensions familiales sur le point d’exploser. Prendre quelques jours maintenant peut éviter des semaines — voire des mois — d’arrêt plus tard. D’ailleurs, si vous culpabilisez encore de prendre un arrêt maladie quand vous en avez vraiment besoin, lisez ceci.
  • Un environnement toxique ou relationnel compliqué : Management épuisant, collègues toxiques, conflits non résolus. Certains salariés simulent un arrêt maladie parce que c’est parfois la seule soupape. Dans ce cas, ce ne sont pas que quelques jours d’arrêt dont vous avez besoin, mais d’un véritable accompagnement. Besoin d’évaluer l’échelle de toxicité de votre lieu de travail ? Cliquez ici.

Et ce n’est pas qu’une intuition : l’étude britannique Good Boss Questionnaire (BBC) de 2004 montre que les employés avec un mauvais patron sont trois fois plus susceptibles de faire semblant d’être malades. Derrière un arrêt, il n’y a donc pas toujours un virus : parfois, c’est l’entreprise qui a besoin d’un diagnostic…et, chers managers, un petit examen de conscience ne ferait pas de mal non plus. 

Ce que les faux jours de maladie disent vraiment de soi

Absent pour maladie: vraiment ?

Derrière chaque gastro imaginaire ou migraine sur-jouée se cache une vérité moins digeste : vous êtes lessivé, déconnecté, ou coincé dans un job qui ne vous correspond plus. Et non, un arrêt maladie ne soignera pas ça.

Si vous en êtes à calculer combien de fois vous pouvez encore invoquer une « intoxication alimentaire » sans éveiller les soupçons, posez-vous plutôt cette question : pourquoi est-ce si difficile d’aller travailler ? La vraie absence à surveiller, ce n’est pas celle inscrite dans le registre RH — c’est celle de votre énergie, de votre envie, de cette étincelle qui fait qu’on se lève avec un minimum d’enthousiasme.

Parce qu’au fond, vous pouvez continuer à perfectionner vos alibis. Ou vous pouvez enfin écouter ce qu’ils vous crient depuis des semaines : quelque chose doit changer. Et cette fois, ce n’est pas votre excuse pour justifier votre absence du travail qui doit être meilleure — c’est votre vie professionnelle. Alors, prêt à arrêter de mentir… et à commencer à agir ?

Retour en haut